Comment la sélection divergente a façonné l'évolution des espaces phénotypiques chez les plantes ?

Arthur Wojcik et al., 2026. Evolution of crop phenotypic spaces through domestication. New Phytologist, doi: 10.1111/nph.71031

Dans le cadre du projet ANR DomIsol, nous avons utilisé la domestication comme une expérience répétée in vivo, afin d'étudier comment la sélection divergente a façonné l'évolution des espaces phénotypiques chez les plantes. Nous avons étudié 13 espèces dont les histoires évolutives sont variées et plus ou moins anciennes, parmi lesquelles trois sont étudiées au GAFL, l’aubergine, le melon et la tomate.

Notre étude met en évidence l’émergence de schémas communs qui sous-tendent la domestication chez toutes les espèces, avec une convergence significative du syndrome de domestication entre les espèces, une forte disjonction entre les espaces phénotypiques sauvages et domestiques et une réduction de l'espace phénotypique au cours de la domestication ainsi qu’une réorganisation des corrélations entre traits phénotypiques.

Afin de permettre les comparaisons entre les espèces, nous introduisons un nouvel indice de divergence phénotypique multivarié (mPDI), qui s’appuie sur les spectres dans le proche infrarouge (NIRS). Nous avons montré que les NIRS mesurés sur les feuilles reflètent une évolution phénotypique indépendante de la domestication, ce qui permet de les utiliser comme contrôle pour les effets d'échantillonnage entre les espèces, alors que les mesures NIRS sur graines contribuent au syndrome de domestication chez de nombreuses espèces, soulignant le potentiel de la technologie NIRS pour la caractérisation des changements liés à la domestication chez les plantes.

https://nph.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/nph.71031