Comment étudier la résilience variétale chez les fruits à noyaux ? – exemples chez l’abricotier et le pêcher

02 octobre 2026

Salle 1 (GAFL) à 11h

Morgane Roth (INRAE GAFL)

L’arboriculture fruitière fait face à de nombreux défis liés aux évolutions règlementaires et climatiques qui sont exacerbés par le caractère pérenne des espèces concernées. En effet, leur longue période juvénile et les effets cumulatifs des stress d’une année sur l’autre les rendent particulièrement vulnérables. Avec des indices de fréquence de traitement 2 à 4 fois plus élevés que chez les grandes cultures, les cultures d’abricotier et de pêcher sont aussi très dépendantes des intrants phytosanitaires. Mais malgré un besoin urgent d’améliorer l’empreinte écologique des vergers, la sélection demeure longue et limitée par la capacité à trouver et à introgresser des résistances pour un large cortège de bioagresseurs. Dans ce contexte, les filières fruitières s’accordent sur le fait que la résilience émerge comme une propriété pertinente à mobiliser pour la sélection (GIS-Fruits, 2025). Ce concept ancien, premièrement utilisé dans le domaine de la physique, et qui s’emploie aujourd’hui aussi bien en sciences humaines qu’en biologie, implique par essence une notion de retour à un équilibre après une perturbation. Le travail engagé par l’équipe Prunus de l’unité de Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes (GAFL-INRAE, Avignon) vise à explorer la capacité de résilience de l’abricotier et du pêcher en mobilisant une large diversité génétique ainsi que des méthodes de phénotypage et d’analyse de données innovantes.
Cette présentation vise à faire un tour d’horizon des projets récents nourrissant cette thématique sur l’abricotier et le pêcher. Au programme, nous parlerons de la définition de la résilience biotique et de ses composantes, de son phénotypage par voie visuelle ou digitale, et nous ouvrirons sur les perspectives de sélection de la résilience biotique.